La question revient sur tous les chantiers de salle de bain : garder la baignoire ou passer à la douche italienne ? Si elle semble anecdotique, elle a des implications réelles sur le confort, le budget de travaux, et surtout sur la valeur perçue du bien à la revente. Voici une analyse basée sur les données du marché immobilier IDF 2025-2026.
D'après les données notariales et les retours d'agents immobiliers en Île-de-France et dans les Alpes-Maritimes, la douche italienne est désormais un argument de vente clairement identifié sur les biens entre 300 000 et 700 000 €. Pour les biens au-delà, les acheteurs s'attendent à trouver les deux (baignoire et douche séparée).
| Critère | Douche italienne | Baignoire |
|---|---|---|
| Coût de pose (main d'œuvre + matériaux) | 3 500 — 8 000 € | 2 000 — 5 000 € |
| Surface minimum nécessaire | 80 × 80 cm | 160 × 70 cm |
| Perception acheteur (couples sans enfants) | +++ | ++ |
| Perception acheteur (familles avec enfants) | ++ | +++ |
| Plus-value estimée à la revente | +2 à +5 % du bien | Neutre |
| Consommation eau | Moins | Plus |
| Accessibilité PMR | Meilleure | Moins bonne |
Le marché immobilier francilien est dominé par des actifs de 30 à 50 ans sans enfants ou avec des enfants en bas âge. Pour ce profil, la douche italienne est synonyme de modernité, de confort et d'entretien simplifié. Elle agrandit visuellement la pièce et donne une impression "hôtel" qui valorise le bien à la première visite.
Par ailleurs, dans les petites salles de bain parisiennes (4 à 6 m²), la douche à l'italienne permet souvent de mieux utiliser l'espace qu'une baignoire encastrée qui monopolise tout le linéaire de mur.
La douche de plain-pied sans seuil est beaucoup plus accessible pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Dans les zones très tendues où les biens restent longtemps dans le patrimoine familial, c'est un argument de plus. Et si votre bien est en copropriété soumise aux normes d'accessibilité, c'est un critère qui peut peser à terme.
La baignoire garde sa pertinence dans plusieurs situations :
Attention aux devis "low cost" : une douche italienne bâclée est une catastrophe à venir. L'étanchéité sous carrelage (membrane Schlüter ou équivalent), la pente de sol, l'évacuation — tout doit être fait dans les règles. Voici une décomposition réaliste :
La pente de sol vers l'évacuation est une source fréquente de malfaçon. Elle doit être comprise entre 1,5 % et 2 % minimum. Une pente insuffisante provoque une stagnation d'eau et des moisissures sous carrelage. Demandez systématiquement la garantie décennale sur l'étanchéité.
Q : La douche italienne fait-elle vraiment la différence lors d'une vente ?
Oui, clairement, surtout sur les biens de moins de 60 m². Les acheteurs qui visitent 20 appartements en un week-end retiennent ceux qui ont "quelque chose" — et une belle douche à l'italienne avec de bons matériaux, ça marque. Sur un bien à 450 000 €, ça peut faire la différence entre une offre au prix et une offre à -15 000 €.
Q : Est-ce qu'une baignoire peut devenir un handicap à la vente ?
Pas en soi. Par contre, une vieille baignoire jaunie avec du joint moisit tout autour, ça coûte de l'argent à la vente. Les acheteurs savent estimer le coût des travaux — ou du moins, ils l'exagèrent pour négocier. Mieux vaut une petite salle de bain propre avec une baignoire refaite qu'une grande salle de bain délabrée avec une douche italienne mal posée.
Q : Quel est votre conseil pour un propriétaire qui hésite ?
Regardez ce que font les biens équivalents dans votre immeuble ou votre rue. Si les concurrents ont tous une douche italienne, vous devez vous aligner. Si votre cible est une famille, gardez la baignoire — ou faites les deux si vous avez l'espace. Et dans tous les cas, n'économisez pas sur les joints et l'étanchéité : c'est là que ça se dégrade en premier.
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