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Le Mans, un lundi d’octobre 2025, 5 h 40. L’appel arrive chez les pompiers. Le feu a pris dans la chambre d’un appartement du quartier des Sablons. Une vingtaine de sapeurs-pompiers interviennent. Dans cette chambre, il y avait plusieurs multiprises.
Un homme n’a pas survécu.
Selon les premiers éléments rapportés le jour même par la presse locale, l’incendie serait d’origine électrique. L’enquête devait en établir la cause exacte. Je ne connais pas sa conclusion, et je ne la devine pas.
Pourquoi je commence par làPas pour faire peur, ni pour vendre des travaux sur un drame. Un homme est mort, et ses proches n’ont pas besoin qu’on se serve de lui. Je commence par là parce que cette chambre pose une question que chaque propriétaire devrait se poser chez lui : pourquoi faut-il plusieurs multiprises pour vivre dans une pièce ?
Dans un logement ancien, une chambre n’a souvent qu’une ou deux prises. La norme en exige trois depuis 2002. Alors on ajoute, on rallonge, on empile. Et personne ne regarde le tableau, qui peut cacher un détail que la plupart des propriétaires n’ont jamais remarqué chez eux. On y vient.
Depuis le 1er septembre 2025, une seule version de la norme NF C 15-100 s’applique aux installations électriques neuves ou entièrement refaites : celle publiée en août 2024. Elle fixe le nombre de différentiels, de circuits et de prises par pièce, ainsi que les prises réseau et les zones interdites de la salle de bains. Voici ce qu’elle impose concrètement, pour un T3 de deux chambres, un appartement de quatre chambres et une maison. Et voici aussi ce qu’elle n’impose pas, et que l’on vous vendra quand même.
Entre 20 et 35 % des incendies d’habitation sont d’origine électrique, selon l’Observatoire national de la sécurité électrique (ONSE). 83 % des logements de plus de quinze ans présentent au moins une anomalie électrique. Et l’électrocution tue encore 30 à 40 personnes par an en France. Voici ce que la norme impose aujourd’hui.
30 mA : tous les circuits d’un logement sont protégés par un dispositif différentiel de cette sensibilité. Sans exception, salle de bains comprise.
2 interrupteurs différentiels au minimum, dont au moins un de type A, qui protège notamment les plaques de cuisson et le lave-linge. Le type F est exigé en tête des circuits qui alimentent un appareil à variateur de vitesse : pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine, borne de recharge.
8 circuits au maximum derrière un même interrupteur différentiel.
20 % d’emplacements libres dans le tableau d’un logement individuel, pour pouvoir ajouter des circuits sans tout refaire. Dans un immeuble collectif, le minimum est fixé à 6 modules.
8 prises au maximum sur un circuit en fil de 1,5 mm², 12 sur un circuit en 2,5 mm². 8 points lumineux au maximum par circuit d’éclairage, et deux circuits d’éclairage au minimum, sauf dans un studio.
4 prises réseau RJ45 au minimum dès le T3, dont deux côte à côte dans le séjour.
Le chiffre qui compte n’est pas le nombre de prises. C’est 30 mA. Les prises font le confort. Le différentiel 30 mA, lui, coupe le courant quand il passe par un corps humain. C’est le premier élément que vérifie un diagnostiqueur, et le seul qui sauve des vies.
J’ai tiré le fil de cette chambre du Mans. Ce qu’on trouve au bout n’est pas un secret. C’est un dossier que tout le monde connaît, et que personne ne referme.
Les prises et les rallonges, premier suspect. En 2017, l’Observatoire national de la sécurité électrique a décortiqué les incendies d’origine électrique. 61 % partaient d’un appareil : radiateur, lave-linge, micro-ondes, lampe. 36 % partaient de l’installation elle-même, fixe ou mobile : prises, multiprises, rallonges. La multiprise de la chambre n’est pas un détail du décor. C’est une catégorie statistique.
Combien de logements anciens sont en défaut ? Plus de quatre sur cinq. Le même Observatoire comptait en 2017 deux logements de plus de quinze ans sur trois en défaut sur au moins un des six points de sécurité contrôlés. Son baromètre 2024 en compte 83 % avec au moins une anomalie. Les deux mesures ne sont pas construites de la même façon, je ne vous dirai donc pas que la situation s’aggrave. Je vous dirai qu’en sept ans, elle ne s’est pas améliorée de façon visible.
Les assureurs voient passer la facture. En 2021, ils ont enregistré 286 000 déclarations de dommages électriques et 156 000 déclarations d’incendies d’habitation, selon les chiffres repris par l’Observatoire. Le coût économique des incendies est estimé à 3,9 milliards d’euros par an.
Janvier 2025 : une députée pose la question. Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine, cite ces chiffres et demande au gouvernement quelles mesures il compte prendre pour renforcer la mise en conformité des installations électriques des logements. La réponse du ministère du Logement arrive le 3 juin 2025. Elle énumère ce qui existe déjà : le diagnostic à la vente depuis 2009, l’information du locataire, la norme, la décence, les plans de travaux des copropriétés. Aucune mesure nouvelle n’est annoncée. Et sur l’idée d’étendre le diagnostic, le texte est clair : « Le Gouvernement ne souhaite donc pas exiger la production d’un diagnostic » pour les installations de moins de quinze ans.
À moins de 300 km de Paris, une autre règle. En Belgique, l’installation électrique d’une habitation ancienne, ou dont le dernier contrôle date de plus de 25 ans, est contrôlée lors de la vente. Jugée non conforme, elle doit être remise en ordre par l’acheteur dans les 18 mois qui suivent l’acte. Un organisme agréé repasse ensuite vérifier. C’est inscrit dans le Règlement général sur les installations électriques (Livre 1, section 8.4.2). En France, le diagnostic informe l’acheteur. Il n’oblige personne à réparer.
Ce que cela veut dire pour vousPersonne ne viendra vérifier votre installation à votre place. Pas l’État, pas le vendeur, pas forcément l’assureur avant le sinistre. Le seul moment où quelqu’un regarde vraiment, c’est quand vous refaites l’électricité. Raison de plus pour savoir ce qu’elle doit contenir.
La NF C 15-100 n’est pas rétroactive. Un appartement câblé en 1995 selon les règles de 1995 n’est pas « hors la loi » parce qu’une nouvelle version est parue. Personne ne vous obligera à le recâbler au seul motif qu’il lui manque deux prises dans la chambre.
La norme vous rattrape à trois moments précis.
Quand vous refaites l’installation. Une installation neuve ou entièrement rénovée doit respecter la version en vigueur, celle de 2024. Si vous ne reprenez qu’une partie, par exemple la cuisine, cette partie doit être conforme. Et si le distributeur a coupé l’alimentation pour une rénovation totale, il ne la rétablira pas sans attestation de conformité visée par le Consuel. Qui le demande, quand et combien : voir plus bas.
Quand vous vendez. Si l’installation a plus de quinze ans, vous devez fournir l’état de l’installation intérieure d’électricité, établi par un diagnostiqueur certifié et datant de moins de trois ans. Ce diagnostic informe l’acheteur. Il ne vous impose pas, à lui seul, de faire des travaux. En revanche, il pèse dans la négociation.
Quand vous louez. Le même diagnostic est exigé, valable six ans. Et l’exigence va plus loin : un logement loué doit être décent, ce qui suppose une installation électrique en bon état et sans danger pour l’occupant. Un tableau sans différentiel ou des fils dénudés ne relèvent plus du confort : ils engagent votre responsabilité de bailleur.
Conséquence pratique : le bon réflexe n’est pas « tout mettre aux normes », c’est supprimer les dangers. Et, le jour où vous rénovez, faire les choses au niveau de 2024 plutôt qu’au niveau du minimum.
NF C 15-100, série publiée en août 2024. L’ancien texte unique de 2002 est désormais découpé en plusieurs normes : la NF C 15-100-1 pour les règles générales, la NF C 15-100-10 pour les logements, et une partie dédiée aux salles d’eau. La version de 2002 est restée applicable jusqu’au 31 août 2025. Seule celle de 2024 s’applique depuis le 1er septembre 2025.
NF C 90-483 (mars 2024) pour les réseaux de communication du logement : prises RJ45, coffret, câbles.
Diagnostic électricité : obligatoire à la vente et à la location pour une installation de plus de quinze ans, valable trois ans pour une vente et six ans pour une location. Pour la location, il fait partie du dossier de diagnostic technique prévu à l’article 3-3 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Décence du logement : décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002. Les réseaux et branchements d’électricité doivent être conformes aux normes de sécurité et en bon état d’usage et de fonctionnement.
Ouvrez votre tableau. Une installation propre se reconnaît en trente secondes, même sans être électricien.
Le compteur Linky et le disjoncteur de branchement, celui du distributeur, qui sert d’interrupteur général. Sa manette doit se trouver entre 0,90 m et 1,80 m du sol. Tout local d’habitation de plusieurs pièces doit pouvoir être coupé depuis l’intérieur : c’est la coupure d’urgence.
Ils sont plus larges que les disjoncteurs et portent un bouton « T » pour le test. Au minimum deux, dont un de type A, et jamais plus de huit circuits derrière chacun. Le type est écrit sur l’appareil. Si vous avez une pompe à chaleur, une climatisation ou une borne de recharge, son circuit doit être protégé par un type F.
Par « différentiel », on entend ici l’interrupteur différentiel 30 mA placé en tête de rangée, en 25, 40 ou 63 A. Ce n’est pas le disjoncteur de branchement du panneau de contrôle, réglé à 500 mA, qui protège l’installation mais pas les personnes. Un circuit équipé de son propre disjoncteur différentiel 30 mA, souvent celui d’une borne de recharge ou d’une pompe à chaleur, porte sa protection et n’a pas à se placer derrière un interrupteur différentiel.
Le piège des rangées pleinesUne rangée de 13 modules laisse la place à 11 disjoncteurs derrière son interrupteur différentiel. La norme n’en autorise que 8, quel que soit le calibre : un 63 A ne permet pas d’en mettre davantage. Le calibre dit combien de courant peut passer en même temps ; la limite de 8 dit combien de circuits seront coupés ensemble en cas de défaut, et évite que les petites fuites normales des appareils, additionnées, fassent sauter le différentiel sans raison. Les modules restants servent à la réserve obligatoire ou aux autres appareils du tableau : contacteur du chauffe-eau, télérupteur, parafoudre. Des rangées de 10 ou 11 disjoncteurs derrière un seul différentiel se voient souvent, posées par des installateurs qui ne sont pas électriciens. Ce n’est pas conforme, et un diagnostiqueur peut le relever. Pour vérifier chez vous : comptez les disjoncteurs à droite de chaque différentiel.
Chaque disjoncteur divisionnaire protège un seul circuit, et son calibre correspond à la section du fil : 16 A pour du 1,5 mm², 20 A pour du 2,5 mm², 32 A pour les plaques en 6 mm². Un tableau propre est repéré : « Prises chambres », « Lave-linge », pas des numéros griffonnés. Demandez le schéma qui va avec.
20 % d’emplacements libres au minimum dans un logement individuel. C’est ce qui permettra d’ajouter un jour une borne de recharge ou une climatisation sans changer le tableau.
Dans le neuf comme dans une rénovation totale, le tableau, le panneau de contrôle et le coffret de communication sont regroupés dans une gaine technique logement, généralement près de l’entrée. Elle s’inscrit dans un espace d’au moins 60 cm de large et 25 cm de profondeur, sur toute la hauteur. Les manettes des disjoncteurs se placent entre 0,90 m et 1,80 m du sol, ou à 0,50 m au minimum si le tableau a une porte.
Les signes qui doivent vous alerterDes fusibles en porcelaine. Aucun interrupteur différentiel, ou un seul pour tout le logement. Des fils qui sortent du tableau sans gaine. Des disjoncteurs sans étiquette. Des traces noires ou une odeur de chaud. Un différentiel qui ne coupe pas quand on appuie sur « T ». Dans tous ces cas, faites venir un électricien avant de penser décoration.
Le principe de la norme : un appareil gourmand a son propre circuit, et les circuits ordinaires sont plafonnés en nombre de points.
| Circuit et règle | Fil | Protection |
|---|---|---|
| Éclairage 8 points lumineux maximum par circuit, 2 circuits minimum (1 en studio) | 1,5 mm² | 16 A |
| Prises ordinaires 8 prises maximum | 1,5 mm² | 16 A |
| Prises ordinaires 12 prises maximum | 2,5 mm² | 20 A |
| Prises de la cuisine Circuit dédié aux prises du plan de travail | 2,5 mm² | 20 A |
| Plaques ou cuisinière Circuit dédié | 6 mm² | 32 A |
| Four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge Un circuit par appareil, au moins trois circuits de ce type | 2,5 mm² | 20 A |
| Chauffe-eau électrique Circuit dédié | 2,5 mm² | 20 A |
| VMC Circuit dédié | 1,5 mm² | 2 A |
| Volets roulants Circuit dédié | 1,5 mm² | 16 A |
| Chauffage électrique Un ou plusieurs circuits selon la puissance installée | Selon la puissance | |
| Borne ou prise de recharge Circuit dédié, différentiel 30 mA de type A ou F | Selon l’équipement | |
Une prise commandée par un interrupteur, pour un lampadaire par exemple, compte comme un point d’éclairage et non comme une prise. Les ports USB intégrés aux prises ne remplacent pas une prise de courant dans le décompte.
| Pièce | Prises de courant minimum | À retenir |
|---|---|---|
| Séjour jusqu’à 28 m² | 1 par tranche de 4 m², 5 au minimum | + 2 prises près des prises réseau. 2 prises RJ45 côte à côte |
| Séjour de plus de 28 m² | 7 | Même règle pour la télévision et le réseau |
| Chambre | 3, quelle que soit la surface | Un point lumineux au plafond, ou une prise commandée |
| Cuisine de plus de 4 m² | 6, dont 4 au-dessus du plan de travail | + 1 prise pour la hotte, à 1,80 m du sol au minimum. Circuits dédiés pour la cuisson et l’électroménager |
| Cuisine de 4 m² ou moins | 3 | Mêmes circuits dédiés |
| Autre pièce de plus de 4 m² (entrée, bureau, salle de bains…) | 1 | Les WC ne sont pas concernés |
| Extérieur d’une maison | Aucune imposée | 1 point lumineux au-dessus de chaque entrée |
Les trois prises par chambre ne sont pas un luxe. Ce sont celles qui évitent la multiprise branchée en permanence derrière la tête de lit : chargeur, lampe de chevet, radiateur d’appoint, ordinateur. Une multiprise surchargée chauffe, et ses fils s’abîment sans que personne ne le voie.
Les interrupteurs se posent entre 0,90 m et 1,30 m du sol. Dans la cuisine, aucune prise au-dessus de l’évier ni de la plaque de cuisson. Les points lumineux au plafond se terminent par un DCL, la douille normalisée qui permet de changer de luminaire sans toucher aux fils.
Dans une salle d’eau, la norme ne raisonne pas en surface mais en distance à l’eau. Elle découpe la pièce en volumes, et chaque volume a ses interdits.
Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou du receveur. Seuls des appareils en très basse tension de sécurité (12 V), dont le transformateur est placé hors volume, y sont admis.
Volume 1 : au-dessus, jusqu’à 2,25 m de hauteur. Pas de prise, pas d’interrupteur ordinaire. Seuls des luminaires et appareils spécialement prévus pour ce volume, et étanches.
Volume 2 : une bande de 0,60 m autour du volume 1. Appareils étanches IPX4 au minimum, comme un sèche-serviettes adapté. Les prises ordinaires y restent interdites.
Hors volumes : prises de courant avec terre et interrupteurs sont permis, comme ailleurs. L’ancien « volume 3 » n’existe plus. Tous les circuits de la pièce restent protégés par un différentiel 30 mA, et les éléments métalliques sont reliés entre eux et à la terre par une liaison équipotentielle. Sous la baignoire ou le receveur, aucun appareil électrique n’est admis, sauf équipement étanche protégé par un différentiel 30 mA.
Le piège classique en rénovationDéplacer la douche sans déplacer l’électricité. Une prise posée à 70 cm de l’ancienne baignoire était conforme. Elle se retrouve en volume 2 de la nouvelle douche à l’italienne. Faites redessiner les volumes sur le plan avant de valider l’implantation.
Depuis 2024, le réseau du logement relève d’une norme à part entière, la NF C 90-483. Ce qu’elle impose :
Le Wi-Fi ne remplace pas ces prises dans le décompte. Le jour où vous travaillerez de chez vous dans la chambre du fond, vous serez content qu’elles y soient.
Voici ce que donne l’application de ces règles à trois cas types. Ce sont des minimums calculés, pas des devis : votre électricien peut, et souvent doit, faire mieux.
Séjour de 24 m², cuisine fermée de 8 m², chambres de 11 et 10 m², salle de bains de 5 m², WC séparé, entrée de 6 m². Chauffage collectif, eau chaude par ballon électrique.
Séjour de 32 m², cuisine de 12 m², quatre chambres, une salle de bains et une salle d’eau, deux WC, entrée et couloir. Volets roulants électriques, sèche-linge.
Même base que l’appartement de quatre chambres, avec ce qu’une maison ajoute :
Le détecteur de défaut d’arc (DPDA). Il repère les micro-arcs d’un fil abîmé ou d’une borne desserrée, avant qu’ils ne mettent le feu. Legrand et Hager le présentent comme recommandé, en priorité sur les circuits de prises des chambres et des appareils qui fonctionnent en continu. Ce n’est pas une obligation dans un logement. Dans une chambre d’enfant ou une maison ancienne, c’est une dépense qui se défend.
Les prises à obturateurs sont la règle sur le matériel actuel. Si vous gardez de vieilles prises dans un logement où vivent de jeunes enfants, remplacez-les.
Ce que c’est. Le Consuel, Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité, est l’organisme agréé qui vise les attestations de conformité des installations électriques. L’attestation est remplie et signée par celui qui a réalisé les travaux, sous sa responsabilité. Le Consuel la vise, après contrôle le cas échéant.
Quand elle est obligatoire. Pour une installation neuve raccordée au réseau, et pour une installation entièrement rénovée dont le distributeur a coupé l’alimentation. Sans attestation visée, le courant n’est pas mis ou remis en service. Pour une rénovation partielle sans coupure par le distributeur, elle n’est pas exigée, mais vous pouvez la demander.
Qui fait la demande. L’installateur qui a fait les travaux, ou vous-même si vous les avez réalisés. Personne d’autre : le Consuel interdit de céder un formulaire à un tiers. Si un électricien refait votre installation, faites figurer l’attestation Consuel sur son devis.
Comment le contacter. Tout se fait sur consuel.com, depuis un espace client gratuit : achat du formulaire, envoi de l’attestation, suivi du dossier.
Quand la demander. À l’achèvement des travaux, et au moins vingt jours avant la mise en service souhaitée. EDF conseille de compter trois semaines, puis le délai du distributeur pour la mise sous tension. Un formulaire acheté reste valable un an.
Combien. Au barème du Consuel en vigueur depuis le 1er septembre 2026, l’attestation d’un logement (formulaire « jaune ») coûte 147,66 € TTC en version électronique et 149,17 € en version papier pour un particulier. Les électriciens ont un tarif dégressif. Le même barème fixe une visite à 238,44 € TTC et une seconde visite, quand la première a relevé des défauts, à 144 € TTC : vérifiez auprès du Consuel celles qui s’appliquent à votre dossier.
Une visite n’est pas systématique. Quand un professionnel a réalisé l’installation, le Consuel contrôle par sondage, sur un échantillon. Quand vous l’avez réalisée vous-même, la visite est obligatoire. Comptez alors 15 à 20 jours pour qu’elle ait lieu.
Ce qu’elle vaut juridiquement. L’obligation découle du décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972, modifié depuis. L’attestation conditionne la mise sous tension et engage l’installateur sur la conformité de l’installation à la date des travaux. Ce n’est ni une garantie de bon fonctionnement, ni une assurance, ni un contrôle complet de chaque installation. En location, une attestation de moins de six ans remplace le diagnostic électricité, selon Service-public.fr. Pour une vente, EDF indique qu’elle le remplace pendant trois ans, ce que Service-public.fr ne mentionne pas : faites confirmer par votre notaire. Rangez l’original avec les factures.
Je ne peux pas vous promettre que ce guide remplace la norme. La NF C 15-100 est un ensemble de textes payants, de plusieurs centaines de pages, vendus par l’AFNOR. Cet article s’appuie sur les guides publiés par les fabricants et les organismes qui l’ont analysée : Legrand, Hager, Schneider Electric, l’Apave, la Fédération française du bâtiment. Ils divergent parfois à la marge. Sur un point précis de votre chantier, la référence reste le texte et l’électricien qui signe l’attestation.
Je ne peux pas vous donner un prix. Remplacer un tableau, ajouter deux circuits ou recâbler un appartement haussmannien n’ont rien à voir. Un chiffre donné sans visite serait faux.
Et voici la limite qui ne m’arrange pas : si votre installation a été refaite il y a quinze ou vingt ans, avec un tableau à différentiels et des prises reliées à la terre, vous n’avez probablement pas besoin de tout refaire. Ajouter un circuit, remplacer un différentiel ou poser deux prises suffit souvent. Méfiez-vous d’une « mise aux normes complète » proposée après dix minutes de visite, y compris par une entreprise de rénovation comme la nôtre.
Ce week-end — ouvrez votre tableau. Comptez les interrupteurs différentiels, lisez leur type et leur sensibilité. Appuyez sur le bouton « T » de chacun : le courant doit couper. Notez ce qui n’est pas repéré.
Si vous vendez ou louez dans les mois qui viennent et que l’installation a plus de quinze ans, commandez dès maintenant l’état de l’installation intérieure d’électricité. Vous aurez le temps de corriger les anomalies graves avant qu’un acheteur ne les découvre.
Avant de signer un devis d’électricité, vérifiez qu’il mentionne la NF C 15-100 dans sa version de 2024, la liste des circuits, le nombre et le type des différentiels, et le Consuel en cas de rénovation totale.
Avant de valider le plan d’une cuisine ou d’une salle de bains, faites reporter les prises du plan de travail et les volumes de la salle d’eau sur le plan. C’est là que se commettent la plupart des erreurs, et elles se corrigent gratuitement sur le papier.
À la fin du chantier, exigez le schéma de l’installation et un tableau repéré. Rangez-les avec les factures : c’est ce que demandera votre assureur après un sinistre, et votre acheteur le jour de la vente.
Les visiteurs regardent les interrupteurs design et les prises USB. Un acheteur averti ouvre le tableau. Ce qu’il cherche n’est pas le nombre de prises, mais l’ordre : des différentiels en tête de rangée, des étiquettes lisibles et de la place libre. Une installation propre est d’abord une installation lisible.
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Les échanges s’y poursuivent avec des propriétaires, des bailleurs et des professionnels du bâtiment. Vos questions et retours d’expérience y sont les bienvenus.
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ici (ex-France Bleu) Maine — Un mort dans l’incendie d’un appartement au Mans, l’enquête penche pour un feu d’origine électrique (27 octobre 2025) — consulté le 3 octobre 2026
Assemblée nationale — Question écrite n° 3142 (14 janvier 2025) et réponse du 3 juin 2025, citant l’Observatoire national de la sécurité électrique — consultée le 3 octobre 2026
Mon Immeuble — Risques électriques à domicile : un enjeu de sécurité majeur en France (baromètre ONSE 2024, 23 avril 2024) — consulté le 3 octobre 2026
Batiactu — Un incendie sur quatre est d’origine électrique en France (rapport de l’ONSE du 28 mars 2017, article du 18 avril 2017) — consulté le 3 octobre 2026
Règlement général sur les installations électriques (Belgique) — Livre 1, section 8.4.2, tel que reproduit dans les rapports de contrôle publiés sur immo.notaire.be — consulté le 3 octobre 2026
Legrand — Guide « Norme NF C 15-100 — révision du 23 août 2024 » (tableau, réserve, volumes de la salle d’eau, communication, recharge de véhicules) — consulté le 3 octobre 2026
Legrand — Norme NF C 15-100 : les prises de courant (mise à jour du 9 janvier 2026) — consulté le 3 octobre 2026
Legrand — Norme NF C 15-100 : la GTL et le tableau électrique (mise à jour du 9 janvier 2026) — consulté le 3 octobre 2026
Legrand — Quelle est la norme NF C 15-100 pour prise RJ45 ? et Combien de disjoncteurs divisionnaires par interrupteur différentiel ? — consultés le 3 octobre 2026
Legrand — Parafoudres : bien se protéger contre la foudre et les surtensions (mise à jour du 1er octobre 2025) — consulté le 3 octobre 2026
Hager — Les protecteurs d’arcs électriques (DPDA) — consulté le 3 octobre 2026
Apave — La nouvelle norme NF C 15-100 version 2024 est publiée — consulté le 3 octobre 2026
Fédération française du bâtiment — Installations électriques : la nouvelle NF C 15-100 (16 décembre 2024) — consulté le 3 octobre 2026
Schneider Electric — La nouvelle version de la norme NF C 15-100 devient obligatoire (4 septembre 2025) — consulté le 3 octobre 2026
Service-public.fr — Diagnostic électricité dans un logement (F18692, vérifiée le 17 septembre 2026) — consulté le 3 octobre 2026
EDF — Le Consuel, l’attestation de conformité de vos installations électriques (mise à jour du 21 août 2026) — consulté le 3 octobre 2026
Consuel — Tarif des attestations de conformité applicable à partir du 1er septembre 2026 (barèmes SC127 et SC120) — consultés le 3 octobre 2026
Assemblée nationale — Question écrite n° 56631 et réponse ministérielle du 28 octobre 2014 (cas d’obligation, contrôle par échantillon) — consultée le 3 octobre 2026
Légifrance — Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3 ; décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ; décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972 — consultés le 3 octobre 2026
Cet article est une information générale à jour au 3 octobre 2026, établie à partir des guides publiés par les fabricants et organismes cités. Il ne remplace ni le texte de la norme NF C 15-100, disponible auprès de l’AFNOR, ni l’avis d’un électricien qualifié. Les travaux sur une installation électrique relèvent d’un professionnel ; la conformité d’une installation neuve ou entièrement rénovée est attestée par le Consuel.